Tu Dors ou tu fais mine ?

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TU DORS OU TU FAIS MINE ?

Jeu de piste philosophique et théâtral pour jeune spectateur en devenir.

 

« Tu dors ? Bagatelle #1 » est un spectacle intimiste, en grande proximité avec le public, tant dans l’espace, que dans le jeu de la comédienne. La présence de la marionnette plonge le public, à fortiori les très jeunes spectateurs, dans un univers poétique et onirique où rêve et réalité se mélangent.

Les enfants sont amenés à se demander : Qu’est-ce qui est réel ? La marionnette bouge-t-elle seule ? La comédienne dort-elle vraiment ? C’est quoi un spectacle ? C’est quoi faire semblant ? Peut-on y croire puis reprendre pied dans la réalité ? C’est quoi jouer ? Et moi spectateur, quel rôle dois-je jouer ?

L’idée motrice est de faire expérimenter aux enfants la place de l’acteur et celle du spectateur. Cette forme peut être diffusée en tout public ou en séances scolaires (sous forme d’action culturelle).

Intervention du cycle 1 au cycle 3, 25 enfants maximum (possibilité de faire des groupes-classes mélangés), durée entre 45 mn et 1 heure suivant l’âge des enfants. Pour les écoles : le matériel est fourni par la Compagnie, l’obscurité dans la salle est indispensable (salle de sieste ou de psychomotricité). La séance se déroule en 2 phases :

  • Les enfants sont accueillis dans un espace vide qui petit à petit va se transformer en espace scénique. De manière interactive ils vont apprendre à reconnaître les différents éléments d’un spectacle : scène, place des spectateurs, lumière/ noir, décors, coulisses…
  • Les enfants assistent ensuite au spectacle présenté par la comédienne et sont invités à réagir sur ce qu’ils ont vu, senti, entendu…

Dossier d’action culturelle

Témoignage de Cécile Elmehdi, psychologue clinicienne, observatrice de la création jeune public :

J’ai assisté à une représentation de Tu Dors ? Bagatelle # 1, avec autour du spectacle un dispositif original intitulé « l’école du spectateur ». Il s’agit pour Stéphanie d’accompagner les enfants du dehors à l’intérieur du théâtre, en marchant mais surtout en tissant avec eux un maillage de mots signifiants le passage de la scène de la réalité à celle de la représentation théâtrale… Petits cailloux façonnés ensemble qui nomment cette étrange expérience de devenir un petit spectateur. Basculer dans le registre du « faire-semblant » n’est pas de toute évidence pour certains enfants […]. En témoignent les hésitations des enfants « mais là, c’est ta maison », pour de vrai ou pour de faux? Le théâtre c’est sans doute un peu les deux, c’est « pour de faux », mais il rejoint le plus souvent des réalités intimes. Une fois le décor planté, Stéphanie annonce que ça va commencer, qu’elle ne pourra plus à partir de là répondre aux questions, elle entre en scène, nous, nous sommes spectateurs. Un autre passage s’annonce… la lumière se tamise, la boîte à musique chante sa berceuse, la comédienne s’allonge et nous transporte dans ce moment si particulier entre veille et sommeil, là où notre état de conscience se dilate […]. La comédienne est tournée, son corps est inerte, le silence règne. Et puis, apparaît une marionnette, « un doudou » disent certains enfants qui va jouer sa partie avec le corps de la comédienne devenu décor du spectacle. La marionnette-doudou manipule les bras et les jambes de la comédienne, pousse et tire, s’installe au creux de la main, fouisse sa tête contre sa poitrine, s’agace et s’apaise, elle marmonne, nous baigne dans une matière sonore archaïque, familière et étrangère à la fois dans une sorte de langage babillé. Il y a tout le long du spectacle maintenu cet état incertain, suspendu du corps endormi de la comédienne exploré par la marionnette-doudou. Elle, ni masculine ni féminine, anonyme jusqu’au terme du spectacle comme pour éviter une trop grande personnification et demeurer plutôt dans le domaine de la métaphore du rêve et du songe.[…]. A la fin du spectacle, c’est la marionnette qui s’endort et la dormeuse qui s’éveille… et on ne sait toujours pas exactement si c’était pour de vrai ou pour de faux…